Au fil des linteaux de Saint-Jean-Pied-de-Port: la rue de la Citadelle

 

Nous continuons notre exploration des linteaux de Saint-Jean-Pied-de-Port avec la rue de la Citadelle.

A l’image de la rue d’Espagne, nous retrouvons les mêmes caractéristiques au niveau des inscriptions sculptées sur les linteaux des maisons de la rue de la Citadelle ; à savoir une date, le nom des habitants et parfois leur métier.

A la différence de la campagne basque, le nom de la maison apparaît très peu sur les linteaux de Saint-Jean-Pied-de-Port. Généralement, lorsqu’un nouveau propriétaire s’installait, il faisait sculpter sur le linteau son nom et celui de son épouse et la maison changeait de nom. Il est donc très difficile de déterminer le nom d’origine des maisons et leur emplacement actuel. La maison du n°18 de la rue de la Citadelle échappe à cet usage car outre la mention du maître et de la maîtresse de maison “JOANES DIRIBERRY et LOUISE DUHALDE”, apparaît également le nom ancien de la maison dite de “LONDRESENA”.

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La fonction sociale du maître de la maison pouvait être évoquée à l’image du claveau du 14 rue de la citadelle indiquant D.I.VIDOND. CAPEL. MAIOR 1637. Le Capel maior ou chapelain majeur, haut dignitaire ecclésiastique désigné par le Prieur de Roncevaux, assurait le service religieux de l’église Notre-Dame et pouvait présider les Etats de Navarre lorsque ces derniers se réunissaient en Garazi.

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Dans la rue, le regard se porte vers la belle façade de la maison Arcanzola située au n°32. Son linteau en bois datée “AÑO 1510” est le plus ancien de Saint-Jean-Pied-de-Port. Un peu plus haut au n°39, la très belle porte d’entrée en plein cintre de la maison Laborde est couronnée de la date 1584. A l’exception de ces deux inscriptions, la majorité des linteaux est datée du XVIIe-XVIIIe siècle, époque durant laquelle les Saint-Jeannais ont construit leurs maisons en matériaux durables, principalement en pierre de grès rose de l’Arradoy.

Quelques erreurs épigraphiques se sont glissées dans certaines inscriptions, notamment au n°29 daté de 1746 et au n°45 daté de 1769. En effet, les deux N du mot ANNEE ont leurs jambes obliques en sens inversé. S’agit-il de la signature du même artisan qui a travaillé dans ces deux maisons ou est-ce une erreur qui a été reproduite par un autre artisan ?

Sur le linteau du n°45, une nouvelle erreur a été commise, à savoir l’orientation des têtes des Lauburu qui est inclinée dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Erreur encore dans sa composition car seule la date est bien centrée.

Un changement s’opère dès le XIXe siècle. Les inscriptions sont très sobres, se limitant à une seule date, comme nous pouvons l’apercevoir aux n°13 et n°16 de la rue.

Nous terminons notre panorama par une inscription originale, gravée sur le cartouche en marbre du n°3 de la rue, sur lequel est inscrit “’POST FUNERA VIRTUS VIVIT”, ce qui signifie “La vertu survit aux funérailles”.

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Ces sculptures racontent souvent un pan de l’histoire de la maison et, en peu de mots, font revivre une tranche de vie de la cité. L’étude des linteaux des maisons de Saint-Jean-Pied-de-Port est également l’occasion de lever le voile sur l’histoire de la construction de la ville et son évolution urbanistique.

Une réflexion au sujet de « Au fil des linteaux de Saint-Jean-Pied-de-Port: la rue de la Citadelle »

  1. A quand les numéros des maisons ne gacheront pas les linteaux…la plus part des maisons sont datées .

    Pas le temps de les prendre toutes en photos…voilà en face de chez moi et à quelques pas de mon domicile
    Cela fait + de 10 ans que je souléve cette abération … le numéro de ma maison je l’ai déplacé il y à bien longtemps et refixé au bas de mon entrée de porte et bien visible aussi !

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