Interview du nouveau proviseur du Lycée de Navarre

Un nouveau proviseur vient d’arriver au Lycée de Navarre, Monsieur Karl Tangui. Nous avons souhaité lui poser quelques questions pour mieux connaître le lycée, lycée d’enseignement général et lycée professionnel de l’intérieur du Pays Basque.

Avant de parler du Lycée de Navarre, pourriez-vous nous en dire plus sur vous, car les Saint Jeannais vous connaissent très peu ?

 Ingénieur, j’ai travaillé en bureau d’études avant de me lancer dans l’enseignement. J’ai souhaité donner un autre sens à mon travail, et l’éducation de tous est une valeur essentielle pour moi. J’ai enseigné une dizaine d’années dans différentes académies, à des publics très différents : de l’étudiant en BTS, aux élèves de lycées généraux et technologiques mais aussi à des élèves en rupture avec le milieu scolaire. J’ai ensuite souhaité devenir personnel de direction. Je dois impulser la politique de l’établissement mais je ne peux pas travailler seul pour la mettre en œuvre. Réussir à mobiliser tous les personnels autour d’un thème partagé par la majorité m’intéressait.
Dans un premier temps, j’ai été nommé proviseur adjoint sur un établissement de 2800 élèves en zone sensible dans le nord de la Bourgogne, puis proviseur adjoint au lycée Michel Montaigne de Bordeaux en charge des 1200 étudiants des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles.
Je suis ravi d’être le nouveau proviseur du lycée de Navarre. C’est un bel établissement dont la réputation d’excellence n’est plus à faire. Je tiens à en remercier Mme Mauget, la précédente proviseure. Je remercie également toutes les personnes qui nous ont accueillies si chaleureusement.
J’ai beaucoup de chance d’avoir une épouse qui aime découvrir de nouveaux endroits. Nous connaissions déjà la qualité de vie du pays basque et nous avons souhaité en faire profiter nos deux jeunes enfants. Je n’ai pas hésité un seul moment pour demander ce poste.

Concernant le lycée de Navarre, pourriez-vous nous faire une présentation des principales filières, de la provenance des élèves ?

Karl Tangui : Le lycée de Navarre est un lycée polyvalent, il prépare au baccalauréat des filières générales : Scientifique (S), Economique et Sociale (ES), Littéraire (L) et des filières professionnelles : Agencement, Services et Restauration ; il accueille également des élèves en CAP et 3ème prépa professionnelle.
Nous accueillons 450 élèves dont 40 % sont internes. L’établissement se situe dans la commune de Saint-Jean-Pied-de-Port où il occupe une emprise foncière importante et s’étend sur 3.5 hectares dont 1.5 d’espace verts.
L’ensemble prend la forme d’un petit campus, où se mêlent quotidiennement 500 individus.
La présence de l’internat permet un recrutement qui va bien au-delà des limites de la sectorisation (secteurs composés des collèges publics de Saint-Jean-Pied-de-Port, de Saint-Etienne-de Baigorry, de Saint-Palais, et récemment ceux de Cambo-Les-Bains et d’Hasparren en partage avec Bayonne)
En filière générale, les enseignements d’exploration (latin, littérature et société, méthodes et pratiques scientifiques, sciences économiques et sociales, sciences et laboratoire) ainsi que les enseignements facultatifs proposés (théâtre, latin, basque LV3) attirent de nombreuses familles.
En filières professionnelles, les trois formations au bac professionnel, Agencement, Services et Restauration sont chaque année très demandées. Ces filières offrent une formation solide, exigeante, et permettent de trouver facilement un emploi ou de continuer ses études.
L’offre des langues vivantes et régionale (anglais, espagnole, basque) est en cohérence avec les collèges du secteur et nous disposons de la filière bilingue basque pour l’enseignement général. Nous proposons également en option le basque à nos élèves de l’enseignement professionnel.
La section sportive rugby renforce cette offre déjà importante.

Comment imaginez-vous le Lycée de Navarre dans cinq ans ?

Karl Tangui : La réussite de nos élèves aux examens est des meilleures et nous nous devons de faire profiter le maximum de jeunes de cette qualité d’enseignement. Le lycée pourrait accueillir une centaine d’élèves supplémentaires, c’est à nous de convaincre les familles de nous confier leurs enfants. Nous offrons un cadre et des conditions de travail de grandes qualités. L’internat est un plus pour réussir sa scolarité. Nous scolarisons actuellement 5 élèves espagnols de la province de Navarre. Il faut aussi développer cette collaboration.
Le nombre de projets culturels, sportifs (voyages, sorties, participation aux concours nationaux, rencontres sportives…) montre le dynamisme de la communauté éducative.

Je souhaite également donner d’avantage d’ambition à nos élèves. Au vu de leurs résultats scolaires et de la qualité de la formation reçue, ils devraient être plus ambitieux que ce soit pour les filières générales ou professionnelles. Ils sont jeunes, ce sont l’avenir de ce pays. Ils reviendront et l’enrichiront de leurs compétences.

D’autre part, le lycée est en pointe sur le développement durable, le gaspillage et la qualité alimentaire. Nous avons le label Bio pour la restauration scolaire, ce n’est pas fréquent. Nous sommes très engagés sur l’agenda 21 et je souhaite poursuivre sur cette voie. La collaboration avec les producteurs et professionnels locaux doit continuer pour que cet établissement soit un acteur économique incontournable dans le paysage navarrais.

La cour des Comptes vient de présenter un rapport sur le cout des lycées et indique que la taille optimale est 700 à 900 élèves, en précisant que sinon la variété des formations est moins grande et que l’attractivité pour les professeurs est moindre. Qu’en pensez-vous ?

Karl Tangui : Récemment la Cour des Comptes a rendu un rapport sur le coût du lycée français et préconise des lycées de 800 élèves. Je ne suis pas inquiet pour le lycée de Navarre, il ne faut pas généraliser cette recommandation pour tous les établissements. Le lycée a une mission de service public au sein du pays basque intérieur et sa présence correspond également à une politique d’aménagement du territoire. Je comprends parfaitement le souci budgétaire et j’en suis d’ailleurs très sensible. Il s’agit d’argent public. Comme le dit la Cour des Comptes il y a d’autres sources d’économie possibles : simplification de l’offre de formations, de l’épreuve du baccalauréat, qui me semblent plus simples à mettre rapidement en œuvre.Interview

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